Quels sites vendent mes données personnelles ?
Une grande partie des services numériques gratuits repose sur la valorisation des données personnelles de leurs utilisateurs. Si certaines grandes plateformes ne vendent pas directement vos données brutes, elles permettent aux annonceurs de payer pour accéder à des audiences ciblées. D'autres sites et services vont plus loin en transmettant, louant ou vendant directement certaines informations à des data brokers et à d'autres entreprises.
| Type de service | Ce qui est monétisé | Sensibilité |
|---|---|---|
| Grandes plateformes publicitaires | L'accès à une audience, pas le fichier | Diffuse |
| Applications mobiles gratuites | Localisation, contacts, identifiants | Élevée |
| Comparateurs et devis | Le dossier complet, vendu comme lead | Élevée |
| Jeux-concours, quiz, sondages | Coordonnées pour le démarchage | Moyenne |
| E-commerce et magasins | Historiques d'achat | Moyenne |
| Généalogie et tests ADN | Données génétiques et familiales | Élevée |
| Médias et sites d'actualité | La navigation, en temps réel | Moyenne |
Les sept familles de services concernées
Les grandes plateformes publicitaires
Elles constituent un cas à part : leur modèle ne consiste généralement pas à céder des fichiers, mais à garder la donnée et à faire payer l'accès à l'audience. L'annonceur décrit la cible qu'il veut atteindre, la plateforme la construit à partir de vos informations et diffuse le message.
Le résultat vous concerne autant qu'une revente : vous êtes profilé, segmenté et ciblé. Mais comme la donnée ne change pas de mains, la pratique échappe souvent à ce que l'on imagine derrière le mot « vendre ».
Les applications mobiles gratuites
Les jeux, applications météo ou petits utilitaires, comme les lampes de poche, peuvent collecter des informations qui ne sont pas toujours nécessaires à leur fonctionnement.
Localisation, contacts, identifiants du smartphone ou historique de navigation peuvent notamment être récupérés puis transmis à des sociétés spécialisées dans le profilage.
Les comparateurs et sites de demande de devis
Les comparateurs d'assurance, de crédit ou de travaux demandent souvent des informations détaillées : revenus, situation familiale, besoins spécifiques, voire données relatives à la santé.
Ces informations constituent des leads, qui peuvent ensuite être commercialisés auprès d'entreprises susceptibles d'être intéressées, notamment des banques ou des assureurs. C'est la famille la plus rentable du secteur : un dossier complet et daté vaut bien davantage qu'une simple adresse email.
Les jeux-concours, quiz et sondages
De nombreux concours gratuits, questionnaires et tests de personnalité disponibles en ligne servent également à récupérer des informations personnelles.
Derrière un simple quiz comme « Quel animal êtes-vous ? » peut se cacher un dispositif destiné à collecter vos coordonnées afin d'alimenter des bases utilisées pour le marketing direct ou le démarchage.
Les sites e-commerce et les magasins
Les achats réalisés en ligne ou en magasin génèrent une quantité importante de données. Certaines enseignes peuvent partager ou louer les historiques d'achat de leurs clients à des partenaires commerciaux.
Ces échanges peuvent notamment s'effectuer au sein de réseaux ou d'alliances regroupant plusieurs acteurs du commerce — ce qui explique qu'un achat chez l'un puisse déclencher une sollicitation chez l'autre.
Les services de généalogie et les tests ADN
Les plateformes spécialisées dans la généalogie ou l'analyse ADN peuvent détenir des informations particulièrement sensibles.
Selon leurs conditions d'utilisation, certaines peuvent prévoir le partage de données génétiques, médicales ou familiales avec des organismes de recherche ou des entreprises du secteur des biotechnologies. Ces catégories relèvent de l'article 9 du RGPD : leur traitement suppose en principe un consentement explicite, distinct et révocable.
Les médias et sites d'actualité gratuits
Lorsque vous acceptez les cookies sans modifier leurs paramètres, votre navigation peut être accessible à un grand nombre de partenaires publicitaires.
Les acteurs de l'AdTech peuvent ainsi collecter en temps réel des informations sur les pages consultées, vos centres d'intérêt et vos habitudes de navigation.
Vous souhaitez savoir comment limiter ou empêcher le partage de vos données ?
Les gestes proposés ci-dessus agissent service par service, et sur l'avenir. Ils ne suppriment pas ce qui a déjà été transmis : une donnée cédée à un partenaire y reste jusqu'à ce que vous en demandiez l'effacement, et souvent chez plusieurs acteurs successifs.
Deux démarches se complètent donc. Fermer les robinets d'abord : c'est l'objet de notre guide sur les canaux de collecte des data brokers, qui détaille les mesures à prendre au quotidien. Vider ce qui a déjà été accumulé ensuite : demande d'accès pour savoir qui détient quoi, puis effacement et opposition auprès de chaque acteur, au titre des articles 15, 17 et 21 du RGPD.